Nouvelle politique Régionale du Tourisme : Le discours de DIDIER ROBERT

Le 9 juin 2010
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"Mesdames, Messieurs, je vous remercie d’avoir accepté cette rencontre.

Le sujet que nous traitons me tient particulièrement à cœur, c’est bien évidemment celui du tourisme.

Les collectivités et, au premier chef, la Région sont les responsables institutionnels du développement touristique. Le tourisme est, comme vous le savez, un des premiers secteurs de l’économie réunionnaise. Il doit donc être traité avec sérieux et détermination.

C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité fixer l’année 2010 comme l’ « année du tourisme » pour la Région et garder en propre les compétences régionales en matière de politique touristique. C’est la volonté ainsi de marquer mon engagement très formel pour un secteur d’activités jugé par notre majorité comme prioritaire.

Depuis les années 2000, l’essor de ce secteur marque le pas. Cette contre-performance préoccupante n’est pas normale. Le même nombre de touristes enregistrés depuis 1998 en fait, aux alentours de 400 000 personnes en tenant compte des touristes affinitaires. Aujourd’hui nous devons franchir une nouvelle étape et s’organiser pour y parvenir. Développer le tourisme, c’est aller vers plus de créations d’entreprises et donc de créations d’emplois. Je n’oublie pas, en effet, que notre principale préoccupation reste celle de l’emploi des Réunionnais.

Un certain nombre d’initiatives et de réformes sont d’ores et déjà engagées, je pense d’abord à l’élection, ce matin de Jacqueline Farreyrol à la présidence de l’IRT, et la nomination immédiatement de Pascal Viroleau au poste de directeur.

Cette réforme dans l’organisation du tourisme passe naturellement par une modification des statuts de l’IRT pour laisser une plus grande place aux professionnels du tourisme mais également pour un recentrage des activités de l’IRT autour de la promotion afin d’accorder la priorité au développement du produit, sa commercialisation et la diversification des marchés.

La deuxième mission qui devrait être portée par l’IRT est celle d’une vraie coordination de l’ensemble des professionnels.

Mais je veux que l’on aille encore plus loin pour améliorer l’attractivité de La Réunion et imposer durablement l’image de notre île sur les marchés internationaux.

Le premier volet de la nouvelle politique touristique : cohérence dans l’organisation pour une plus grande efficacité dans l’action.

Le tourisme impose une coordination des efforts de tous les opérateurs. J’ai décidé ainsi d’officialiser l’installation d’un « pôle de compétence et d’expertise touristique » réunissant des personnalités reconnues et respectées dans leur secteur d’activité. Ce comité professionnel, que nous installons aujourd’hui, est composé de professionnels qui vivent et qui pratiquent le tourisme au quotidien. Il est donc de mon rôle de prendre en compte leurs propositions, leurs analyses, leurs expertises, comme je me suis engagé à le faire.

J’ai donc souhaité faire appel à Alain TECHER, Président de l’ATSR, à Danièle LENORMAND, directrice de la Saga du Rhum, à Katherine CHATEL, Présidente du Comité des professionnels du tourisme de l’île de la Réunion, à Philippe DOKI-THONON, Président de l’UMIH, à Catherine FRECAUD, représentante du syndicat national des agences de voyages, à Daniel CONDINA, gérant d’une entreprise de location de voitures, à Zakaria OMARJEE, responsable de l’antenne sud d’Air Mauritius et à Serge GELABERT, photographe.

Ce « pôle de compétence », directement rattaché à la présidence de la Région, devra pouvoir rapidement nous présenter un certain nombre de propositions concrètes.

Chacune de ces propositions fera l’objet d’une étude approfondie et ce pôle de compétence sera bien entendu associé à l’exécution de ces propositions. Il aura en charge la définition, le suivi et le contrôle de l’ensemble des actions portées par notre collectivité en matière de tourisme.

La réussite de la stratégie de développement touristique que j’entends porter nécessite également la mobilisation de tous les autres acteurs, parmi lesquels la Fédération Réunionnaise du Tourisme, l’association Tourisme Sud Réunion, la SR 21 ainsi que le club du tourisme du Medef, récemment mis en place sur les questions d’études, d’ingénierie et de stratégie touristique.

Le deuxième volet de la nouvelle politique régionale : promotion, soutien à l’investissement, coopération régionale.

Un premier niveau consacré à une promotion directe et de proximité :
- Il faut donner de l’ampleur à notre promotion. Pour cela j’entends d’abord organiser des rencontres et des séjours sur notre île à destination des Tours opérateurs et des professionnels extérieurs.

- Cette immersion des professionnels dans notre environnement, ici, sur place, me paraît être la meilleure façon de les convaincre : une nature exceptionnelle, une culture vivante, l’exemplarité d’une île métisse, ce sont là des atouts qui se comprennent mieux en étant sur place bien évidemment.

- J’’entends également organiser avec les professionnels du tourisme, les différents acteurs locaux, une tournée des 22 régions métropolitaines sur les 3 prochaines années. Ces actions de promotions bénéficieront d’une dotation annuelle de l’ordre de 600 000 euros. Une première expérience a été menée le week-end dernier à Montélimar avec un vrai succès rencontré auprès de la population locale, les tours opérateurs présents (environ une soixantaine) ou encore auprès des médias locaux…

Un deuxième niveau consacré au soutien financier auprès des investisseurs.

L’Etat s’est engagé à créer les conditions d’un environnement favorable au développement des entreprises touristiques. Dans le cadre de la LODEOM, le tourisme, vous le savez, a été retenu comme secteur prioritaire. Il bénéficiera d’exonérations fiscales importantes, d’exonérations de charges patronales et d’un mécanisme de soutien combinant défiscalisation et subvention pour la rénovation des hôtels. Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Mais au regard de la situation d’urgence qui prévaut dans le secteur touristique, l’accompagnement direct financier de la Région doit constituer un acte fort. Une première réponse concrète sera apportée à l’occasion de notre prochaine commission permanente, celle du 15 juin prochain avec la réforme ambitieuse des nouvelles aides régionales.

Le premier levier porte sur le niveau et le plafond des aides ; celui-ci sera revu à la hausse, notamment dans le secteur de l’hôtellerie et des loisirs. Le plafond de subvention octroyé aux hôtels classés sera porté de 760 K€ à 3 M€, un déplafonnement de même nature serait mis en place pour les aides à l’amélioration du parc d’hébergement existant en milieu rural.

Par cet engagement très fort de la Région, nous inciterons au développement de l’offre d’hébergement, qui je vous le rappelle représente aujourd’hui un frein à notre développement. La Réunion est classée à l’avant dernière place des régions de France en terme de nombre de chambres classées. Il nous appartient de faire évoluer cette situation.

Un troisième niveau consacré à la coopération régionale.

Notre action doit aussi prendre en compte la situation géographique de La Réunion, à proximité immédiate de Maurice notamment. Nous devons inscrire notre stratégie dans une dynamique régionale de coopération avec nos voisins et tirer profit du développement global du tourisme dans la zone Océan indien. La proposition faite par la Commission de l’Océan Indien de la création d’un label « Océan Indien » va exactement dans le sens de la politique que nous voulons impulser.

Nous proposerons à nos amis mauriciens dans un premier temps, de nous associer sur la base d’une promotion commune de nos destinations touristiques pour à la fois faire progresser les combinés « Réunion-Maurice », mais aussi développer en commun la recherche de nouveaux marchés.

Dans le cadre de la coopération franco-mauricien, j’ai la conviction qu’il convient de consacrer le secteur du tourisme et le développement des relations touristiques des deux îles sœurs comme domaine prioritaire de coopération.

Dans le cadre de cette conférence de presse, je tenais également à vous confirmer, sauf imprévu majeur, la venue prochaine, les 17 et 18 juin prochains du secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, Monsieur Hervé NOVELLI. Les principaux objectifs de ce déplacement absolument déterminant sont clairement identifiés.

1) Il s’agira dans le cadre cette visite de rendre opérationnel le Comité d’Action Stratégique qui réunit l’Etat, la Région et le Département. Depuis sa création en octobre 2008, il ne s’était jamais réuni. Ca sera l’occasion de faire la synthèse entre l’Etat , la Région et le département sur tous les sujets concernant le développement de l’économie touristique, et d’éclairer les choix collectifs.

2) Il s’agira également de multiplier les rencontres avec l’ensemble des professionnels et des acteurs du tourisme. A ce titre, plusieurs réunions de travail et tables rondes devraient être organisées.

3) cette visite sera aussi l’occasion pour moi de préciser une fois de plus que nous ne voulons pas construire des actions contraires aux orientations que nous prenons aussi en matière de développement durable. Les paysages de l’île ou encore le volcan sont des atouts uniques à valoriser dans notre positionnement et la promotion de notre destination. Des limites au développement doivent donc être posées. C’est dans cet esprit que je souhaite le sensibiliser à la beauté de nos paysages et à notre ambition de voir la région Réunion classée au patrimoine mondial de l’Unesco pour ses cirques et son volcan.

4) Nous allons ensuite rencontrer les autorités mauriciennes afin de travailler à un accord de coopération entre nos 2 îles.

Je voudrais, en guise de conclusion revenir sur ma nomination par le Premier Ministre, en date du 12 mai dernier, en qualité de parlementaire en mission auprès du Secrétaire d’Etat chargé du tourisme. J’ai fait le choix, et vous le savez, d’abandonner mon mandat de député pour pouvoir, après mon élection à la présidence de la Région, conserver un mandat local au Tampon.

De manière formelle, je serai amené à démissionner de mon mandat parlementaire dès l’élection définitivement acquise, comme le prévoit la loi, c’est à dire à la fin des recours portés contre les élections régionales. En attendant, j’ai souhaité faire œuvre utile et j’aurai donc à porter cette mission parlementaire pour faire avancer un peu plus, avec le soutien du gouvernement, la cause du tourisme pour notre île. Le travail que j’ai à effectuer prend une autre dimension aussi puisqu’il porte sur les espaces ultra-marins mais aussi méditerranéens.

L’objectif principal est de pouvoir recenser les points de difficultés et les solutions possibles pour une meilleure coopération entre nos territoires et les pays voisins concernés pour mieux faire avancer le développement du tourisme. C’est incontestablement un moyen supplémentaire à notre disposition pour faire en sorte, qu’au final, notre volonté affirmée de tendre vers le chiffre de 600 000 touristes soit une réalité : réorganiser, dynamiser la promotion, renforcer les moyens de l’offre touristique, travailler aux combinés avec les îles de l’Océan Indien, avec la volonté et la détermination de l’ensemble des partenaires… Ce sont là les bases nouvelles d’une politique du tourisme portée par la Région Réunion, une politique que nous voulons de l’excellence et de la réussite.

Je vous remercie.

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