Ecole de la 2ème chance : La Région s’engage dans la lutte contre le décrochage scolaire

Le 24 novembre 2011
Valérie Bénard, le Préfet de la Réunion, ainsi que tous les acteurs de la lutte contre l'illettrisme et l'exclusion se sont rencontrés ce mercredi à la Chambre de commerce et d'industrie du Chaudron afin de dresser un premier bilan de la mise en oeuvre des outils de lutte contre le décrochage scolaire. L'occasion de mettre en lumière les actions de l'Ecole de la Deuxième Chance.

Cette école créée il y a un peu plus d’une année compte deux antennes installées dans les CCI du Nord et du Sud. 145 jeunes de 18 à 25 ans sont passés par les deux lieux de formation. 28 d’entre eux ont trouvé un emploi ou une formation en alternance. Selon Valérie Bénard, élue en charge de la lutte contre l’illettrisme, "plus de 6000 jeunes quittent chaque année, le système scolaire sans avoir obtenu de diplôme".

JPEG - 111.2 ko

La Collectivité régionale au regard du contexte économique et social a fait le choix d’accentuer et de compléter sa politique pour une plus grande égalité des chances et la réussite du plus grand nombre. Une volonté qui se traduit par la mise en place des outils de proximité comme les Cases à lire, les Ateliers Permanents de lutte contre l’illettrisme (APLI). L’Ecole de la Deuxième Chance ou encore les Cadets du RSMA.

L’objectif est d’aider à la maîtrise des savoirs fondamentaux et l’accès à la qualification professionnelle et à l’insertion de tous, y compris des jeunes les plus en difficulté et en grand risque d’exclusion.

Les actions de la région Réunion en 2011 s’articulent autour de plusieurs axes prioritaires tant en matière de réussite éducative, que de prévention et de lutte contre l’illettrisme, d’accompagnement et d’accès à des formations qualifiantes, clés d’une insertion sociale et professionnelle pour nos jeunes.

LA REGION S’ENGAGE DANS LA LUTTE CONTRE LE DECROCHAGE SCOLAIRE

JPEG - 68.3 ko

Dans le contexte réunionnais ou plus de 2000 collégiens, lycéens et apprentis sortent chaque année de formation initiale sans aucune qualification et plus du double sans qualification certifiée, ni diplôme, la Collectivité régionale souhaite renforcer ses actions en direction de ces publics. La Région soutiendra ainsi les initiatives concourant à la connaissance, au repérage, à la remobilisation et à une orientation choisie pour ces jeunes. Le soutien régional prendra les formes suivantes ;

1/ Cofinancement de 2 études afin de connaître le public des décrocheurs de formation initiale :

-  une première étude afin de disposer d’un diagnostic territorialisé (par microrégion) et par filière professionnelle des jeunes décrocheurs à compter du collège, en lycée et centres de formation d’apprentis ;

-  une étude pluri disciplinaire permettant de disposer d’éléments qualitatifs sur les décrocheurs, leurs motivations, leurs aspirations et leurs parcours.

NB : il n’existe aucuns travaux à ce jour à la Réunion, or de tels éléments de connaissance et d’analyse apparaissent indispensables pour une adaptation de l’offre d’accompagnement de ces jeunes par les pouvoirs publics (Etat, Rectorat, Collectivités..)

2/ Subventionnement d’actions spécifiques en matière de prévention du décrochage : dans l’enseignement secondaire et en C.F.A et d’aide à l’orientation

3/ Subventionnement de structures dédiées à l’accompagnement individualisé, à la rescolarisation et à la responsabilisation de jeunes décrocheurs telles :

-  des classes de la seconde chance en lycée destinées à des lycéens encore scolarisés mais en difficulté et souhaitant un appui individualisé dans les disciplines de base à compter de la classe de seconde ;

-  expérimentation d’une structure de type micro lycée pour des jeunes déscolarisés mais souhaitant reprendre une formation ou une scolarité interrompues.

NB : un appel à candidatures sera lancé au 2éme semestre 2011 afin d’identifier les établissements volontaires-

-  soutien à la création d’internat(s) de réussite éducative et micro-créches et financement d’actions de prévention (santé, grossesses précoces, parentalité …).

L’ECOLE DE LA DEUXIEME CHANCE : UNE CLE D’INSERTION PROFESSIONNELLE

LA REGION REUNION S’ENGAGE POUR LA REUSSITE DE TOUS LES JEUNES

L’Ecole régionale de la Deuxième Chance, figure dans les priorités de la mandature, la Collectivité souhaitant par la mise en œuvre de cet outil qui entre pleinement dans le champ de ses compétences tant au niveau de l’égalité des chances, que de la formation, l’éducation ou du développement économique, apporter une réponse complémentaire et concrète aux jeunes les plus en difficulté.

CREATION D’UNE ECOLE REGIONALE DE LA DEUXIEME CHANCE A LA REUNION

Au regard du contexte socio-économique particulièrement difficile de l’île, en particulier pour les jeunes gravement touchés par le chômage et dans l’impossibilité d’accéder au travail salarié parce qu’ils n’ont acquis ni les savoirs, ni les compétences de base, la volonté Régionale est de donner « une seconde chance » à de jeunes Réunionnais sans diplôme, ni qualification, en rupture, et pour certains en situation d’illettrisme mais volontaires. Cette proposition s’inscrit en complément du soutien de la collectivité régionale aux actions de prévention du décrochage et des sorties sans qualification en collège, LP ou CFA et des dispositifs régionaux de soutien, de remise à niveau, de pré qualification et de formation professionnelle continue à destination des jeunes demandeurs d’emploi.

L’école de la « Deuxième chance » consiste en un accompagnement « sur mesure » par un parcours « serré », sans rupture et modulable (en terme de durée et de contenu), prenant en compte le jeune dans sa globalité (y compris ses difficultés au plan personnel), afin de le conduire vers une insertion directe ou une formation qualifiante ou diplômante. L’alternance et l’accompagnement personnalisé, outre la mise à niveau des savoirs de base, sont des éléments clés.

C’est à partir d’une première étude réalisée par le réseau national « E 2C » (à la demande de la CCI) que le concept initié en 2010 (accueil de deux premiers groupes de stagiaires dans le nord et dans le sud) pourra à compter de 2011, être pleinement mis en œuvre : territorialisation de la future école régionale sur quatre sites : Nord, Sud, Est et Ouest, identification avec les partenaires locaux des publics (objectif 500 places par an), des contenus de formation et de l’organisation opérationnelle du dispositif.

QU’EST-CE QUE L’ECOLE DE LA DEUXIEME CHANCE ?

Rappel de quelques données en chiffres

Ce sont environ 4000 collégiens, lycéens et apprentis qui « décrochent » ou sortent chaque année de formation initiale sans aucune qualification ni diplôme à la Réunion. Par ailleurs, 3000 jeunes étaient inscrits en 2008 (source INSEE) comme demandeurs d’emploi depuis plus d’un an, dont la moitié sans diplôme ni qualification.

Ses publics

L’E2C s’adresse à des jeunes de 16-30 ans sortis du système scolaire sans diplôme, ni qualification, en grande difficulté d’insertion sociale et professionnelle et pour lesquels il n’existe pas ou plus d’autres dispositifs d’accès à la formation et/ou à l’emploi. Le seul critère de sélection est la motivation. Les candidatures qui reposent sur le volontariat, sont proposées par les Missions Locales, Pôle Emploi, ou des structures d’orientation ou d’insertion (MGI, RSMA, ADI.) L’Ecole régionale de la Deuxième Chance de la Réunion qui a ouvert ses portes hier accueillera à terme (c’est-à-dire selon une montée en charge progressive et à compter de 2013), environ 500 nouveaux stagiaires chaque année.

JPEG - 86.5 ko

De façon plus précise deux premiers groupes de 15 stagiaires chacun vont être accueillis à compter de la mi-décembre 2010 sur les sites de formation de la CCI : site nord (centre consulaire de formation du Chaudron) et site sud (Maison de l’Entreprise à Saint Pierre) En 2011, deux autres sites de formation E2C devraient être ouverts dans l’Est et l’Ouest de l’Ile , permettant d’accueillir, fin 2011, environ 200 stagiaires issus des quatre micro régions

Une approche pédagogique spécifique

L’E2C est un dispositif pédagogique innovant, issu d’un concept européen inscrit dans les principes du Livre Blanc de la Commission Européenne, présenté en 1995 par Madame Edith CRESSON. Il vise à offrir au jeune, un lieu privilégié d’éducation avec une approche pédagogique individualisée. L’alternance est au cœur du dispositif qui a pour objectif de privilégier l’acquisition des compétences professionnelles et sociales, outre la maîtrise des savoirs fondamentaux.

A l’issue d’une première phase d’intégration et d’observation (de 5 semaines), permettant au jeune de tester l’approche d’accompagnement proposée par l’école, et à l’école de tester la motivation du jeune et son implication pour la suite, un contrat est établi en vue de la mise en œuvre d’un parcours personnalisé construit à partir des acquis et lacunes du jeune (tant au plan des savoirs de base que des savoirs faire et être socioprofessionnels). Une fois son contrat d’engagement signé le jeune est rémunéré en tant que stagiaire de la formation professionnelle.

L’individualisation du parcours ne signifie pas proposer des cours particuliers à chaque stagiaires mais respecter les rythmes d’acquisition en prenant en compte les besoins de chacun, suivre le stagiaire par un formateur référent pendant l’élaboration de son projet, sa formation, son insertion professionnelle, y compris dans les mois qui suivent sa sortie de l’E2C

L’E2C agit autour de trois pôles :

• Pédagogique : Acquisition de connaissances de base (français, mathématiques, informatique, culture générale) ;

• Economique : Découverte puis apprentissage d’un métier au travers l’alternance école/entreprise qui présente au minimum le tiers, voire la moitié du temps de formation obligatoire, afin de permettre au jeune de préparer son projet professionnel et d’affirmer ses compétences sur le terrain.

• Social : Développement des compétences personnelles (compétences sociales, comportementales, citoyennes et culturelles), compétences indispensables à une intégration sociale réussie. L’E2C place le jeune en situation réelle pour découvrir et exploiter ses aptitudes.

A l’issue du parcours (dont la durée peut varier de 6 à 12 mois voire 18 mois), certains poursuivent une formation professionnelle diplômante ou qualifiante, d’autres accèdent à l’emploi (par leurs stages en entreprises).

Le taux moyen national de sorties positives (en formation et en emploi) était de l’ordre de 60% en 2009.

Un fonctionnement partenarial :

Le succès de l’Ecole est lié à l’adaptation du concept E2C au territoire réunionnais.

Cela suppose que ce dispositif soit construit en partenariat très étroit avec l’ensemble des acteurs impliqués : institutionnels, socio professionnels, acteurs de l’insertion, de l’éducation et de la formation, secteur associatif ou organisations syndicales. Le pilotage régional reflétera ce partenariat. Le financement de cet outil porté par l’Europe et la Région sera aussi assuré par les participations de collectivités locales ou de leurs groupements, de contributions d’entreprises, d’une partie de la taxe d’apprentissage ou de contributions en nature (mise à disposition de locaux ou de personnels) Le coût estimé par stagiaire sera de l’ordre, en plein fonctionnement, de 6300 euros par parcours et par stagiaire.

Les participants à ce projet :

. Le Conseil Régional donneur d’ordre du dispositif avec le soutien du F.S.E . L’état tant au niveau des crédits gérés par la DTEFP que ceux mobilisables au titre de la politique de la ville (700 € par stagiaire issu d’un quartier prioritaire) et l’ACSE pour le démarrage de l’E2C (100 000 € pour le premier site et 50 000 € par site ouvert ensuite)

. Les collectivités locales et leurs regroupements

. La taxe d’apprentissage

. Les subventions de fondations ou les entreprises

LES CADETS DU RSMA-R : UNE REPONSE AU DECROCHAGE SCOLAIRE

Ce projet multipartite se réalise grâce à l’état, le RSMA-R, l’académie de la Réunion et la Région Réunion. Il s’agit d’une action expérimentale qui consiste à offrir à 15 jeunes mineurs en rupture sociale, ayant décroché scolairement, la possibilité d’une première étape d’insertion pré qualifiante avec l’opérateur RSMA-R au sein d’un parcours leur assurant à terme une insertion professionnelle.

Caractéristique du programme

Le repérage du public concerné à été fait par la MGI (Mission Générale d’Insertion relevant du Rectorat). Pour rappel, la MGI a deux finalités qui sont : Réduire le nombre de sorties sans qualification du système éducatif et préparer tous les élèves de plus de 16 ans à une qualification reconnue en vue d’une insertion sociale et professionnelle durable. Le recrutement se fait par le RSMA-R

La Région impulse une formation qualifiante pour 15 jeunes et le choix de leur formation sera dans le domaine touristique pour les raisons suivantes :

-  2010 année régionale du tourisme

-  parmi les filières proposées par le RSMA-R il existe un pôle restauration donc, des compétences existantes dans ce domaine au sein de la structure

-  ce secteur d’activité présente un besoin en personnel qualifié.

Calendrier

Janvier/février 2011 : Repérage du public effectué par la MGI Mars 2011 : recrutement effectué par le RSMA-R 03 mai 2011 : Accueil des 15 jeunes cadets sélectionnés au RSMA-R

Déroulement de la formation

La première année de la formation sera dispensée par le RSMA-R pendant 10 mois avec en sus, une formation militaire initiale avec de remobiliser les jeunes sur les savoirs être. La formation portera sur un module de base « mettre en œuvre les gestes et techniques de base en cuisine » et sur la préparation de deux certificats de Compétences Professionnelles (CCP). Au total 770 heures de formation professionnelle seront dispensées et le reste du temps sera consacré à l’instruction complémentaire (instruction militaire, formation citoyenne, formation au certificat de sauveteur secouriste du travail, sport..)

La deuxième année qui démarrera en avril/mai 2012 (pour une validation du Titre vers octobre/novembre 2012) sera prise en charge par l’AFPAR. Les jeunes auront alors à préparer trois Certificats de Compétences Professionnelles :

-  préparer, cuire et dresser des hors-d’œuvre et des entrées chaudes,

-  réaliser une production culinaire de « masse » en intégrant les techniques de la liaison froide

-  préparer et cuire des mets au gril et à la rôtisserie.

La durée de la formation est de 875 heures.

Financement

Prise en charge de la première année par le RSMA-R pour la formation des 15 jeunes La deuxième sera prise en charge par la Région Réunion au travers de l’AFPAR.

A l’issue de leur formation les jeunes valideront leur titre professionnel et pourront poursuivre dans une formation qualifiante en CDD.

  • RESTEZ INFORMÉ SUR
  • L'ACTUALITÉ DE VOTRE RÉGION
  • Inscrivez-vous à nos newsletters et nos Alertes SMS
Sélectionnez les thématiques qui vous intéressent

ECONOMIE EDUCATION

PuceInscription

Désincription