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NRL : Echanges avec le collectif contre la digue et la carrière

Grand chantier Transport
18 février 2019

Je suis très heureux qu’il y ait cette rencontre. Les choses se font dans la plus grande transparence, je vous remercie d’avoir accepter la présence de la presse.
Un projet de cette importance est toujours un projet d’équilibre. Nous posons bien sûr les questions de l’utilité du projet, les questions environnementales, les questions liées à l’emploi. Nous sommes à 80% de réalisation du chantier. Nous allons vous écouter. Et nous trouverons ensemble une solution avec bien évidemment en tête l’intérêt général.

Didier Robert,
Président de la Région Réunion

L’une des questions clés posées aujourd’hui, c’est de se dire que nous avons la possibilité à ce que la Nouvelle Route du Littoral puisse être livrée en 2022. Les conséquences de la proposition posée par vous sur la table, n’est plus sur une proposition 2022, mais a minima à 4 ans de plus. Si, on va dans le sens que vous préconisez, c’est a dire un deuxième viaduc, c’est a minima un ticket supplémentaire de 250 millions d’euros. La collectivité régionale n’a pas les moyens pour cette enveloppe supplémentaire, sinon à stopper les projets pendant 6 ans. La question posée aujourd’hui, sommes-nous tous d’accord pour étudier la proposition évoquée, est-ce que l’on est d’accord de se dire de décaler de 4 ans le projet. Du coup, se pose la question de la sécurité. Cette dimension de la sécurité sera repoussée pour des questions environnementales, tout aussi importantes. De mon point de vue, c’est un problème d’équilibre à trouver.
Je reste persuadé, qu’il faut livrer le chantier le plus rapidement possible et éviter de faire payer la collectivité territoriale 250 millions d’euros supplémentaire, surtout au vu des conditions aujourd’hui.
Je propose, qu’on puisse constituer dès la semaine prochaine un comité consultatif, Etat, Région, Collectif. Nous posons tous les choses sur la table. Et nous déciderons ensemble.

Didier Robert,
Président de la Région Réunion


L’Etat donne son avis favorable fin 2013. De nombreux recours ont été faits. Suite à ces recours, le Tribunal Administratif et la Cour D’Appel de Bordeaux ont rejeté les recours. Le CNPN s’est auto saisi en 2018, comme la loi le permet. Nous leur avons proposé de venir sur place se rendre compte des dispositifs, ce qu’ils ont refusé. Nous avons présenté le bilan environnemental, bilan réalisé par un comité scientifique indépendant. Nous voyons que les résultats sont bien inférieurs que ceux demandés. Sur les mammifères marins, on a un impact acoustique bien inférieurs. Nous avons observé plus de 100 baleines. Les impacts sont bien inférieurs que ceux envisagés en 2013. Le coût total de ces mesures représente 80 millions d’euros.
Suspendre le chantier pendant 12 mois, quelle que soit la raison, engendra un coût non négligeable. Le surcoût pour la collectivité, c’est 15 à 20 millions d’euros.
Ensuite, sur la question du tout viaduc, dans cette hypothèse, il faut d’abord suspendre le marché, soit 5 à 10% du marché, soit 30 à 40 millions d’euros. Sur la question des autorisations et des pilotages, nous sommes à 16 mois entre la production cahiers des charges, la rédaction des marchés, les études...
Concrètement, si nouvelle solution, nous serons sur une livraison vers 2026. Aujourd’hui, nous sommes à une livraison 2022.

Olivier Tricoire,
Directeur DORL - Direction Opérationnelle de la Route du Littoral


Je ne mets pas de côté la dimension humaine, ni la dimension des riverains qui peuvent être impactés. Comment réaliser un chantier dans les meilleures conditions possibles ? A partir du moment, où l’on partage tous une nécessité de réaliser cette Nouvelle Route du Littoral, il faut veiller aux dimensions environnementales. Il n’y a pas un chantier où la dimension environnementale est aussi pris en compte.
Parmi les questions posées, nous avons entendu celles des carrières. C’est un débat de plusieurs années. Depuis 2010, nous attendons une révision du Schéma Départemental des Carrières. Comment est-il possible que personne n’est alerté lorsqu’on été pris dans les lits de rivière, avec des conséquences désastreuses ? Comme par exemple, le pont de la rivière Saint-Etienne. Au delà de la Nouvelle Route du Littoral, comment demain, nous allons construire La Réunion, sans matériaux ?
Je n’ai pas de position dogmatique arrêtée. Tout est une question d’équilibre. La Région Réunion n’a pas la question de la digue et viaduc mais bien plus loin, il s’agit de construire d’autres grands projets pour La Réunion.
Concernant la transparence, nous sommes à plus de 20 000 visiteurs de la Nouvelle Route du Littoral. Il y a plus d’une vingtaine de contentieux. La transparence est un choix délibéré de notre part.
Je rappelle que j’ai été élu à plus de 180 000 voix. J’ai été élu pour mettre à bien ce chantier.

Didier Robert,
Président de la Région Réunion

On a 80% de la NRL qui est terminée. Nous devons continuer. L’on pose la question des matériaux. Le Marché a été posé au Groupement NRL. Nous sommes arrivés au bout de l’échéance du chantier. Il y a eu des conflits entre transporteurs, des conflits entre riverains, qui attendaient pour certains une contrepartie. Cela génère des conflits, qui ne sont pas terminés. Notre role en tant qu’association Alternative Transport Réunion, est d’aider à la résolution d’aménagements et transports. Il paraît évident qu’aujourd’hui que la Région a l’opportunité de relancer le débat public, qui est à la mode.
Depuis 6 ans, la Région Réunion a accumulé une expérience en matière de travaux publics avec la Nouvelle Route du Littoral. Merci de nous avoir invité, de nous avoir écouté et merci de poursuivre le débat.

Association ATR FNAUT


On est une jeune association. Créé l’an passé. La carrière de Belle Vue représente 6% des besoins. On se pose beaucoup de questions par rapport à la carrière de Belle Vue.

Association Détruit pas not belle vue


Je vais parler du côté des sentiments des Réunionnais. Cela fait 4 ans qu’il y a plus de 5000 personnes qui ont montré leur opposition sur le site de Bois Blanc. C’est la dernière zone sauvage de l’Ouest. On se bat pour protéger cette zone. On va retenir de la Nouvelle Route du Littoral, qu’elle est belle bien sûr. Mais on verra des trous béants. Nous sommes en pleine crise des gilets jaunes. Nous disons non à cette carrière. Nous nous battrons jusqu’à la fin. On est là pour dire non.

Collectif Touch Pa Nout Roche


Notre collectif entend relayer les demandes du CNPN. Il demande la suspension des travaux directs et connexes des travaux de digue. Aujourd’hui, nous avons souhaité ne pas avoir d’élus autour de nous. Cette présence aurait pu être mal interprétée. Nous ne sommes pas des opposants de la Nouvelle Route du Littoral. Nous sommes conscients de la nécessité de cet axe.

Stéphanie Gigan, Porte-Parole du Collectif

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