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Des chantiers routiers pour sécuriser les axes stratégiques

Grand public Transport Grand chantier
19 avril 2018
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Dossier de presse : Fin de saison cyclonique 2018 - Des chantiers routiers pour sécuriser les axes stratégiques

Fin de saison cyclonique 2018

La Région Réunion est compétente pour la réalisation, l’exploitation, l’entretien, la surveillance et la sécurisation du réseau
routier régional. Pour assurer ces différentes missions, la Direction Régionale des Routes (DRR) emploie des femmes et des
hommes qui travaillent chaque jour pour construire, entretenir, sécuriser et assurer la bonne exploitation de ce réseau routier.

Après une saison cyclonique 2018 intense (notamment avec les événements climatiques Ava, Berguitta et Dumazile), les
axes stratégiques routiers essentiels, tels que la route du littoral actuelle et la route de Cilaos, ont été fortement impactés
nécessitant le concours de tous les instants des agents des routes.
Objectif prioritaire : ré-ouvrir les routes au plus tôt et dans les meilleures conditions de sécurité possibles.

La DRR doit gère ce réseau essentiel pour les déplacements réunionnais et sur lequel les événements sont nombreux et
fréquents.

Le constat est simple : nos routes, et plus particulièrement celles situées sur des axes stratégiques économiquement, subissent
les aléas climatiques et les contraintes géologiques propres à l’environnement de notre île :

- Une route du littoral dangereuse qui ne fait plus douter de la nécessité de la construction de la Nouvelle Route du Littoral ;
- Une route de Cilaos périlleuse qui reste cependant un accès vital pour la population, les acteurs économiques sur site et
les touristes.

Cette fin de saison cyclonique est une occasion de faire un point d’étapes sur les conséquences des pluies et intempéries, un
point sur les chantiers en cours qui participent à la modernisation et la sécurisation de nos déplacements et que nos agents
sont investis et impliqués pour permettre à tous de mieux circuler.

« Je tiens à saluer et à remercier l’ensemble de nos agents des routes qui travaillent chaque jour pour assurer la sécurité,
la qualité de nos infrastructures réunionnaises. Des Femmes et des Hommes, rigoureux et expérimentés qui
démontrent l’importance d’un service public exemplaire au bénéfice de l’ensemble de la population réunionnaise.
 »

Didier ROBERT
Président de la Région Réunion


DES AXES STRATÉGIQUES SOUMIS AUX ALÉAS CLIMATIQUES, AUX CONTRAINTES GÉOLOGIQUES

LA ROUTE DU LITTORAL :
UNE ROUTE DANGEREUSE BIENTÔT OBSOLÈTE

RAPPEL :


D’un linéaire de 13 km environ, la route actuelle à 2x2 voies a été
livrée en mars 1976, il y a 48 ans. Malgré d’importants moyens
mis en oeuvre pour sécuriser au mieux cet axe stratégique, elle
reste soumise aux fortes contraintes climatiques (fortes pluies/
fortes houles). Avec, côté mer, 60.000 tétrapodes de 8 (largement
majoritaires) à 20 voire 25 tonnes pour une carapace de protection
contre les effets de la houle et, côté montagne, 760.000 m2
de filets en falaise et 65.000 m3 d’écran en gabions pour réduire
le risque de chutes de pierres atteignant la chaussée, tous les secteurs
à aléas forts à moyens ont été traités soit environ 80 % du
linéaire dont 56 % par les seuls filets.

Cet itinéraire stratégique est emprunté chaque jour par
plus de 65.000 véhicules (contre 10.000 à son ouverture en
1976). A ce titre, elle fait l’objet d’un haut niveau de service
à l’usager avec en particulier :

- des moyens matériels adaptés : 35 caméras (fixes et mobiles),
12 panneaux à messages variables (2 sens confondus) et 6 pluviomètres
pour les basculements (2x3, doublés par sécurité) reliés
au Centre Réunionnais de Gestion du Trafic (CRGT)
- des moyens humains disponibles 7 jours/7, 24h/24 et toute
l’année : un patrouillage régulier + le CRGT qui recueille et diffuse
l’information à l’attention des usagers et des médias (bulletins, directs
radio, audiotel, infotrafic.re...) + les agents de la subdivision
routière nord mobilisables à tout moment pour les opérations de
basculement, réouverture et interventions d’urgence (déblaiement,
supervision purges, accidents …)
Cet itinéraire très fréquenté est extrêmement sensible aux événements,
particulièrement durant les basculements. Les accidents
ou pannes de véhicule allongent significativement les bouchons
récurrents de l’entrée ouest de Saint-Denis (jusqu’à 10 km le matin).

DES CHIFFRES PARLANTS

CHUTES DE PIERRE ET ACCIDENTS DE LA ROUTE

Depuis les importants travaux de sécurisation (filets et gabions)
menés entre 2006 et 2008 :
110 chutes de pierre par an en moyenne atteignant la chaussée
avant 2007, moins de 20 depuis 2008.
- 123 tués dont 23 liés aux chutes de pierre ; 287 blessés hospitalisés
dont 22 liés aux chutes de pierre ; 451 blessés non hospitalisés
dont 40 liés aux chutes de pierre = coût global du mantien en état / sécuration : 7,5M d’euros /an

Les fermetures s’imposent par les événements portant atteinte ou
susceptibles de porter atteinte à la sécurité des usagers (chutes de
pierre, houle) et des travaux parfois d’importance qui en résultent
(effondrements, purges ...). Par ailleurs la réfection de chaussée et
la maintenance des équipements justifient aussi certaines fermetures
ou basculements alors choisis pour minimiser autant que de
possible l’impact aux usagers (nuit, vacances scolaires...).

Les basculements sont une réponse alternative à la fermeture
totale de la route face aux risques de chutes de pierre statistiquement
très liés à l’importance des pluies. Les règles de basculement
ont évolué avec les études menées et les importants travaux
de sécurisation réalisés particulièrement entre 2006 et 2008. Les
seuils pluviométriques, actuellement en vigueur, fixant les règles
de basculement sur les voies côté mer, ont été arrêtés en 2009 :
30mm de pluie cumulée sur 24h imposent un basculement de
24h ; au-delà de 50mm ce basculement doit être porté à 48h.
Depuis 2009, le nombre de jours basculés a ainsi été divisé par
2,5. Le basculement est possible grâce à une chaîne d’environ
6000 blocs béton d’1,5 tonnes déplacés par l’une des deux machines
de transfert, nommées Lady et La Fée, dont le poids total en
charge est d’environ 30 tonnes.

EXPLOITATION ET ENTRETIEN

L’exploitation correspond à un haut niveau de service adapté à
l’importance stratégique de cet itinéraire.

EN CHIFFRES :
Son coût moyen annuel est évalué à 7,5 M€ se répartissant ainsi :
- Les coûts d’exploitation en moyenne annuelle s’élèvent à 1,2
millions d’euros ;
- Les coûts d’entretien en moyenne annuelle, s’élèvent à 6,3 millions
d’euros.

EXEMPLE :
Pour mémoire s’agissant des 27 ponts de la RL :
- les 20 ouvrages hydrauliques (section 2,5 x 4 m) ont été réparés
en 2004 par des techniques de béton projeté.
- les 4 VIPP (viaduc indépendant à poutre précontrainte) ont été
réparés en 2011 par renforcement en fibre carbone ou précontrainte
extérieure (les travaux sur l’ouvrage de la Grande Ravine
nécessitant alors des basculements).
- les 3 autres ouvrages importants ont été restaurés en 2014.

LES GROSSES RÉPARATIONS ET OPÉRATIONS DE SÉCURISATION

Le vieillissement de l’infrastructure ainsi que les aléas climatiques
et géologiques imposent également et régulièrement depuis sa
mise en service d’effectuer divers travaux de réparation.

EN CHIFFRES :
À titre d’exemple le clouage du mur en terre armée :
- côté mer, clouage réalisé sur toute sa longueur entre 1996 et
1999 ; diverses opérations de clouage et bétonnage (comblement
d’affouillement en pied de mur) à nouveau réalisées entre
2008 et 2010 sur 8 secteurs ; puis en 2014 une nouvelle campagne
pour ces opérations d’un montant de 3,4 M€.
Les travaux de déblaiement et remises en état consécutifs aux
éboulements ne sont pas comptabilisés ici.

Les opérations de sécurisation telles que celles menées de 2006 à 2008 ont représenté 83 M€ de travaux (440 000 m2 de filets et 55 000 m3 de gabions supplémentaires).

NRL : UNE INFRASTRUCTURE POUR SÉCURISER L’AXE SAINT-DENIS / LA POSSESSION

Le chantier de la NRL en cours n’a connu aucun dégât sur ses ouvrages
lors de cette saison cyclonique. Le chantier se poursuit en
2018 et voit la mise en oeuvre concrète d’actions en faveur de l’environnement.

UN CHANTIER QUI AVANCE

Pour mettre fin à la situation d’insécurité que génère l’actuelle
route du littoral, en 2010, la Région, en partenariat avec l’État
et l’Europe, mènent le chantier de la Nouvelle Route du Littoral
selon un calendrier soutenu avec la réalisation de travaux d’envergure
pour permettre aux Réunionnais de disposer d’un axe
sécurisé, moderne et gratuit.

EN 2018, LE CHANTIER DE LA NRL PRÉVOIT :
- la poursuite de la réalisation des digues, au sud de Saint-Denis,
notamment celle au nord et au sud de la Grande Chaloupe
ainsi qu’au nord de la Possession ;
- la poursuite du grand Viaduc Littoral ;
- la poursuite des démarches des entreprises pour l’ouverture
des carrières nécessaires à l’approvisionnement des chantiers
en matériaux.
En parallèle de ce chantier, la collectivité assure en partenariat
avec les collectivités locales concernées des opérations pour
l’amélioration du trafic aux entrées de la NRL avec :
- la poursuite des études « opération neo » en comaîtrise d’ouvrage
région/cinor/commune de St-Denis,
- la poursuite des études « Nouveau Pont sur la Rivière
Saint-Denis » sous maîtrise d’ouvrage Région en vue du raccordement
de la NRL à sa livraison avec la RN1,
- la poursuite de la participation de la Région sur le projet
de mise en valeur du front de mer de la Possession (convention).

UN CHANTIER REMARQUABLE POUR LA PRÉSERVATION
DE L’ENVIRONNEMENT :
80 MILLIONS D’EUROS CONSACRÉS À L’ENVIRONNEMENT

Au-delà du volet sécurité rattaché à ce chantier et de la croissance
économique locale générée par la commande publique, les travaux
de la Nouvelle Route du Littoral (phase étude & phase BTPtravaux)
prévoient une enveloppe de 80 millions d’euros (5% du
montant total du projet) pour préserver son environnement particulier.

Conscient de la qualité environnementale du site concerné
par l’aménagement de cette route, la Région Réunion s’est engagée
à développer un projet respectueux de l’environnement, que
ce soit dans sa conception mais également dans sa réalisation.
Après une première étape pour caractériser et localiser précisément
les enjeux environnementaux du projet grâce aux concours
de nombreux experts locaux, nationaux et même internationaux
et compte tenu de la forte sensibilité environnementale du site
mise en évidence localement, l’ensemble des impacts du projet,
en particulier sur le milieu marin, ont été appréhendés.

Face à ces impacts pressentis, en particulier vis-à-vis de la phase
chantier, un panel très conséquent de mesures (près de 150 mesures
pour l’environnement) visant à les éviter et les réduire a été
défini par la Région Réunion, puis approuvé par les services de
l’État. Ces mesures s’articulent selon trois axes :


- des objectifs de résultat imposés aux entreprises de
travaux
(ex : seuil acoustique à ne pas dépasser à 750m
du chantier, au regard de la sensibilité des mammifères
marins), adossés à un système de pénalités environnementales
en cas de non-respect ;
- des obligations de moyens, à la charge des entreprises
pour réduire les impacts ;
- des contrôles et suivis pour apprécier l’efficacité des
mesures
et s’assurer de la minimisation des impacts sur
les composantes environnementales les plus sensibles.

D’une manière générale, les impacts environnementaux pressentis
en phase études s’avèrent moindres en phase opérationnelle
depuis le début des travaux. Les grands objectifs en matière de
protection de l’environnement, sur lesquels la Région Réunion
s’est engagée à travers ses dossiers de demande d’autorisation et
qui ont été repris dans les arrêtés, sont ainsi atteints grâce à la
mise en oeuvre et à l’efficacité des mesures de réduction notamment.
Ainsi, vis-à-vis des principaux enjeux environnementaux et, de
façon concrète, il faut souligner notamment que :

- aucune destruction d’espèces protégées n’a été relevée,
- le dérangement des mammifères marins a été bien
appréhendé
,
- aucune pollution physico-chimique des ravines ou
du milieu marin n’est à déplorer
.

Des mesures de compensation et d’accompagnement ont également
été définies et calibrées pour garantir l’équilibre environnemental
du projet, en étroite concertation avec les organismes
spécialisés et les associations de protection de la nature. Il est
dimensionné au regard de la sensibilité des milieux et une partie
de ces mesures permettra en particulier d’améliorer de manière
très sensible la connaissance des espèces et de disposer d’un
retour d’expérience sans équivalent en termes de travaux maritimes
(effets, efficacité des mesures,...).
Le programme de mesures permet de garantir l’absence de perte
de biodiversité et sur certains aspects la situation initiale de l’environnement
sera même améliorée (assainissement de la plateforme,
arrêt des opérations filets en falaise,...).


QUELQUES EXEMPLES DE MESURES ENVIRONNEMENTALES CONCRÈTES
AVEC LE CONCOURS DE DIVERS ACTEURS

LA PRÉSERVATION DES ANIMAUX MARINS
Le chantier de la Nouvelle Route du Littoral prévoit, depuis sa
conception, diverses mesures pour préserver la faune marine :

DES MESURES D’ÉVITEMENT CONTRE LE BRUIT :

- avant et après les travaux bruyants sous-marins, des survols
ULM permettent de s’assurer de l’absence de mammifères marins
et notamment dauphins et baleines
- en cas de présence à proximité, les travaux ne démarrent pas ;
- les entreprises respectent des seuils de bruits parmi les plus
contraignants au monde. Le contrôle du respect de ces seuils
est effectué avec 2 hydrophones fixes (1 à La Possession et 1 à
La Grande Chaloupe) implantés à 750 m à proximité des chantiers
et à 20 m de profondeur qui mesurent les bruits sous-marins
en continu et en temps réel (contrôle extérieur Nortekmed), un
dispositif d’alerte en temps réel (SMS générés automatiquement
au Maître d’oeuvre) en cas de dépassement des niveaux de bruit
autorisés et des mesures par hydrophones embarqués effectuées
de manière hebdomadaire par les entreprises.
- des dispositifs spécifiques sont mis en place par les entreprises
pour s’affranchir des travaux bruyants sous-marins (pas de travaux
bruyants pendant la saison des baleines, mise en place de rideaux
de bulles pour contenir les bruits sous-marins et utilisation
d’explosifs sous-marins non détonants pour les digues, travaux
« hors d’eau » pour la réalisation des batardeaux du Viaduc de la
Grande Chaloupe, dispositif d’éloignement des individus avant
des opérations potentiellement bruyante/ramp up …)

DES MESURES DE COMPENSATION AVEC L’ÉQUIPE QUIÉTUDE,
LE CEDTM...

- l’équipe Quiétude, est une équipe dédiée pour la mise en
oeuvre d’une démarche opérationnelle de suivi et de contrôle
de l’activité de whale watching à La Réunion . Il s’agit de maintenir
voire renforcer, pour la durée du chantier, les conditions de
quiétude des mammifères marins à l’échelle des eaux réunionnaises,
et plus particulièrement sur les secteurs concernés par
les activités de « whalewatching ». L’objectif est ainsi de garantir
la quiétude des mammifères marins dans les « zones refuges »
par la sensibilisation des acteurs (professionnels et particuliers)
présents sur le plan d’eau et à terre au respect des règles d’approche
et d’observation des dauphins, des baleines et des tortues
marines, ainsi que par l’animation et la promotion du label O2CR
(Observation Certifiée Responsable des Cétacés à La Réunion).
• la requalification de 5 hectares de plages pour la ponte des
tortues marines, inscrite dans le cadre du Plan National d’Actions
Tortues Marines, action à destination du grand public et des scolaires,
a pour objectif d’accroître le nombre de sites favorables à la
ponte des tortues marines sur la côte ouest réunionnaise.
Le Centre d’Etude et de Découverte des Tortues Marines (CEDTM)
s’est vu confier la mise en oeuvre de cette mesure par la Région
Réunion depuis 2016. La participation active du grand public et
des scolaires est intégrée et encouragée.

Toutes les infos sur cedtm-asso.org/vegetation

LA PROTECTION DES OISEAUX MARINS

Le chantier de la Nouvelle Route du Littoral prévoit, depuis sa
conception, diverses mesures pour préserver l’avifaune :

DES MESURES D’ÉVITEMENTS CONTRE LES ÉCHOUAGES :

Sur le chantier des éclairages respectueux de l’avifaune marine
sont mis en place avec :
- des lumières de couleurs jaune-orangées et orientées vers le
sol, afin de ne pas attirer et désorienter les oiseaux ;
- 50 jours d’interdiction d’éclairage en période d’échouage massif
(lors de la période de reproduction à partir d’avril).

DES MESURES DE COMPENSATION :

- La Région accompagne et finance le plan de conservation des
puffins de La Réunion et le plan national d’actions en faveur du
pétrel de Barau 2018-2027 dans le cadre des mesures compensatoires
associées à la construction de la Nouvelle Route du Littoral.
Ces plans élaborés par l’UMR Entropie en collaboration avec
la SEOR (Société d’Etudes Ornithologiques de La Réunion) et sous
pilotage à l’initiative de la Direction de l’Environnement , de l’Aménagement
et du Logement (DEAL) de La Réunion, ont pour objectifs
la sauvegarde à long terme du pétrel de Barau et la mise en oeuvre
d’une stratégie de conservation pour les puffins de La Réunion.


LA ROUTE DE CILAOS :
UN AXE ESSENTIEL DE DÉSENCLAVEMENT

RAPPEL :

La RN5, seule route d’accès au Cirque de Cilaos constitue un axe
reconnu à forts risques. La Route de Cilaos a été fortement impactée,
en début d’année 2018, par plusieurs éboulis et évènements
suite aux passages de Ava, Berguitta et Dumazile, provoquant ainsi
des fermetures répétées de cet axe. Ces épisodes de très fortes
pluies, que La Réunion et en particulier la micro région sud a subi,
ont rappelé la précarité de la sécurité sur cet axe.
Celui-ci a été coupé plusieurs jours et à plusieurs reprises,
enclavant ainsi des milliers de Réunionnais, et faisant subir
de lourdes pertes au tissu économique local (notamment
dans le domaine du tourisme).
La sécurisation de cet axe reste une priorité vitale, pour la
sécurité des usagers de la route (2000 à 3000 véh/j suivant
les sections, 500.000 touristes par an) et pour l’économie du
cirque.

DES DÉGÂTS IMPORTANTS ET PARFOIS IRRÉVERSIBLES

De nombreux dégâts ont été constatés sur la RN5, dont une
section doit être abandonnée :

- Depuis le 29 décembre 2017, les aléas climatiques et géologiques
se sont succédé sur tous le linéaire de la RN5. De nombreux
éboulements, coulées boueuses, ou glissements de terrain
ont coupé la route à de nombreuses reprises, nécessitant à
chaque fois des interventions urgentes pour sécuriser la falaise
(inspection et purges) et pour rétablir la circulation (déblaiements
et réparations sommaires de la chaussée).

- Le 26 janvier 2018 après-midi, un important glissement de terrain
au PR10+200, lieu-dit Grand Détour, a totalement détruit la
RN5 et a durablement interdit toute possibilité de reconstruire
la route au même endroit, le BRGM indiquant « Ce massif menace
de s’effondrer de manière imminente. Le massif rocheux ne
peut être purgé pour des questions de sécurité des cordistes et
en raison de la complexité technique (volume très important et
déversant). Le niveau de risque résiduel sur ce secteur est particulièrement
élevé et il est complexe, voire impossible de réduire ce
niveau à court terme.
La recherche d’un itinéraire alternatif permettant d’éviter le secteur
doit être envisagée. ».

- Plusieurs éboulements, tout aussi importants, se sont produits
depuis fin janvier, sur la zone et à proximité (entre les PR 9+700
et 10+500), ce qui a confirmé l’analyse des experts. L’abandon
de cette section de RN5 était inéluctable et a très probablement
permis de sauver des vies.
A noter par ailleurs que parmi les autres évènements survenus
sur le reste de la RN5, durant les 3 premiers mois de cette année
2018, plusieurs d’entre eux ont fortement endommagé la chaussée
mais également les soutènements de la route, celle-ci se retrouvant
sous cavée en plusieurs endroits.

- Enfin les crues successives du Bras de Cilaos ont plusieurs fois
emporté les ouvrages provisoires destinés un rétablir une liaison
avec le cirque et ont fortement pénalisé et compliqué la réalisation
des travaux.

Le cirque s’est donc retrouvé enclavé plusieurs jours et à plusieurs
reprises.

Les premiers secours et approvisionnements d’urgence ont dû
être assurés par voie aérienne (héliportage).


La Région Réunion a pour priorité de rétablir, dès que possible,
un accès au cirque pour l’ensemble des véhicules.

RETOUR SUR UNE SITUATION DE CRISE :
L’URGENCE DE LA SÉCURISATION

- Inspections falaises (héliportées et dépose cordistes pour purges
systématiques des zones identifiées à risque, certains secteurs,
Aloès par exemple, nécessitant plusieurs dizaines de journées de
cordistes).
- Déblaiements de la RN5 après chaque éboulement. A noter
qu’après Berguitta, ce sont plusieurs dizaines de milliers de m³
qui encombraient la route sur plusieurs dizaines de secteurs, la
réouverture de la circulation et le dégagement des ouvrages hydrauliques
a pris plusieurs semaines.
- Réunion de crise en sous préfecture le vendredi 26 janvier matin
(décision post rentrée des classes suite Berguitta).
- Suite à la coupure durable de la RN5 le vendredi 26 janvier
après-midi au PR10+200, début de la construction d’un radier
provisoire à Ilet Furcy, avec l’aide des moyens de la commune de
Cilaos (engins, auto-bétonnière et personnel), en l’absence d’accès
par les bas, d’autres engins ou matériel « en haut » et d’autre
solution possible
- Réunion publique du samedi 27 janvier matin au Petit Serré.
- Samedi 27 janvier, héliportage des buses PVC et du ciment pour
construction du radier provisoire. Samedi 27 soir, liaison VL seuls
rétablie très provisoirement pour partie sur radier fusible et pour
partie sur remblai en rivière, en passant par la petite passerelle
(pour véhicules VL < 2,5t et <2m de large) et par le village d’Ilet
Furcy.
- Dimanche 28 janvier, début des travaux pour l’ouverture d’une
piste en rivière, depuis la voie d’évitement (éboulement de 2002)
au PR8+400 jusqu’à la sortie du radier Ilet Furcy (PR10+700),
afin dans un premier temps d’acheminer des engins et des dalots
(ouvrages hydrauliques) en béton afin de remplacer le radier provisoire
fusible réalisé en urgence, et dans un deuxième temps de
permettre un accès à l’ensemble des véhicules (y compris secours
et poids lourds >2,5t et <19t) pour désenclaver et réapprovisionner
le cirque.
- Inspection passerelle Ilet Furcy avec le bureau d’étude de la Ville
de Saint-Louis
- Vendredi 09 février puis samedi 10 février endommagements et
reconstructions du radier fusible.

- Jeudi 15 février, ouverture d’une première piste provisoire permettant
d’organiser les premiers convois de poids lourds. Poursuite
des travaux de création de cette piste, comme itinéraire de
substitution durable à la RN5, en réhaussant la piste provisoire
réalisée, en la protégeant avec des enrochements liés et en consolidant
les 2 radiers effectués (principales caractéristiques de la
piste : longueur 2,5km, largeur 6m permettant un double sens
sur 2,3km et sens unique sur 200m, franchissement du Bras de
Cilaos par 2 radiers constitués de 2 séries de dalots d’ouverture
hydraulique d’environ 30m2, et consolidation de la piste et des
ouvrages par des enrochements liés par du béton). Radiers aval
(voie d’évitement) en service, et mise en eau du premier demi-radier
amont (Ilet Furcy).
- Samedi 17 février, nouvelle crue du Bras de Cilaos, endommageant
partiellement la piste et les radiers en cours de construction.
- Poursuite des travaux 7 jours sur 7 avec l’objectif de livrer la piste
et les radiers pour le 19 mars.
- 5 et 6 mars (Dumazile) forte crue du Bras de Cilaos (supérieure à
la crue enregistrée pour Berguitta).
- 7 mars, constatation des dégâts « Dumazile » : radiers amont Ilet
Furcy détruits et piste endommagée à environ 40 %.
- Cirque de Cilaos à nouveau isolé.
- Début des travaux de reconstruction des radiers et de la piste,
ouverture générale de la piste reportée et envisagée pour fin avril.
- 9 mars : réouverture d’un radier très provisoire et rétablissement
d’un accès pour les VL <2,5t.
- 19 mars : rétablissement des convois poids lourds matin et soir.

Les travaux se poursuivent, toujours en urgence (y compris
week-end), pour une ouverture « normale » à la circulation
envisagée fin avril, mais avec des travaux qui dureront encore
plusieurs mois.

LES AUTRES ACTIONS ENGAGÉES POUR SÉCURISER LA SECTION ALOÈS – PETIT SERRÉ

Au regard des enjeux de sécurisation de la section Aloès-Petit Serré,
des travaux ont commencé indépendamment du projet global
de sécurisation :
- Deux ouvrages d’art de type « pont Bailey » seront mis en
place
de part et d’autre d’Ilet Furcy, au niveau du radier amont et
en remplacement de la petite passerelle de l’accès actuel à l’Ilet.
Le pont amont devrait être livré en juin, celui remplaçant la passerelle
en septembre ou octobre.
- Un ouvrage de soutènement et des ouvrages de protection
sont en cours de réalisation au niveau d’Aloès.
Sur le reste de la RN5, cinq reconstructions de murs de soutènement
emportés sont en cours de travaux pour quatre d’entre eux
et programmé pour le cinquième, et de nombreuses réparations
d’ouvrages de sécurisation (écrans, filets, écrans bois, murs et murets,
dispositifs de retenue) ou ouvrages d’assainissement seront
réalisées en 2018.

Au total, la Région s’est ainsi engagée à hauteur de près de
17 millions d’euros
pour rétablir en urgence un accès sécurisé
au cirque de Cilaos :
- la construction de la piste en rivière de 2,5 km de long et des
radiers, seule solution technique de nature à permettre de nouveau
la desserte du Cirque par les véhicules lourds et par ceux en
charge de l’approvisionnement de la population, et qui pourrait
résister aux crues les plus fréquentes, représentera à elle seule
plus de 10,6 millions d’euros ;
- la réalisation des deux ouvrages d’art de type Bailey de part
et d’autre d’Ilet Furcy, représentant un peu plus de 2,6 millions
d’euros ;
- les ouvrages sur le secteur Aloès un peu plus de 0,7 millions
d’euros ;
- l’ensemble des travaux d’inspection, d’héliportage, de
purges, de dégagements d’éboulis et de déblaiement de la
route et des ouvrages hydrauliques, plus de 1,5 millions d’euros ;
- les reconstructions des 5 murs emportés sous chaussées,
0,5 millions d’euros ;
- et enfin les nombreuses réparations d’ouvrages de sécurisation
ou d’assainissement à réaliser, environ 1 million d’euros.

DE NOMBREUX ACTEURS MOBILISÉS

Les mairies de Cilaos et de Saint-Louis ont apportés un soutien et
une aide précieuse à la Région Réunion pour la gestion de cette
crise, notamment lors des nombreuses fermetures de routes,
mais également pour les travaux en amont d’Ilet Furcy (Mairie de
Cilaos) et pour l’organisation des convois ou des alternats, ainsi
que pour toutes les gestions en situation d’urgence.
Au plus fort de la crise, l’ensemble des acteurs, l’Etat (Préfecture,
Sous-Préfecture de St-Pierre, Etat Major de Zone, DEAL), les
Forces de l’Ordre (gendarmeries de Cilaos et de St-Louis, section
aérienne de la gendarmerie), le SDIS, le BRGM, la Saphir, la Semittel..
etc… nous ont tous permis de trouver des solutions et de
progresser dans la gestion de cette crise.

A ce jour, la Région Réunion, par le biais de la Direction des
Routes, a fait appel à 23 entreprises, qui ont ainsi été sollicitées
dans l’urgence, pour la plupart d’entre elles 7 jours sur
7 depuis plus de 3 mois, et qui poursuivent les travaux afin
de sécuriser durablement et dans l’attente de la « nouvelle
RN5 », l’accès à l’ensemble du Cirque de Cilaos.


UN PROJET GLOBAL DE NOUVELLE RN5 A ÉTÉ
PROPOSÉ PAR LA COLLECTIVITÉ : UN BUDGET DE
300M€ NÉCESSAIRES

L’aménagement de l’itinéraire comprend :
- d’une part, des aménagements sur place (ASP) dans toutes les
sections où il est possible d’améliorer sensiblement la sécurité
et donner des caractéristiques géométriques de l’infrastructure
conformes aux objectifs fixés.
- d’autre part, la réalisation de voies nouvelles dans les sections
où de simples aménagements sur place (ASP) ne suffiraient pas à
garantir une sécurité optimale de l’itinéraire.

Aussi, sans attendre l’aboutissement du projet global, la Région
a voté, fin 2017, un rapport destiné à lancer des études opérationnelles
de maîtrise d’oeuvre pour des sections à aménager sur
place, l’objectif étant de travailler de manière constante à l’amélioration
de la sécurité sur cet axe.

OBJECTIFS DU PROJET GLOBAL :

- offrir un meilleur service à l’usager et surtout faciliter l’accès
du site aux transports en commun en améliorant les caractéristiques
de la route

- réduire les risques et pérenniser l’itinéraire
- sauvegarder et valoriser les qualités du site
- prendre en compte l’économie locale

La priorité de réalisation de ces travaux est portée sur la section la
plus exposée entre Les Aloès et l’îlet Alcide. Les études seront lancées
dès cette année pour des travaux envisagés dès 2019 pour
la sécurisation de la RN5 sur place. Quatre ouvrages d’art (3 ponts
et une route digue) entre les Aloès et îlet Alcide, comprenant le
secteur d’îlet Furcy, seront réalisés dès l’obtention des autorisations
administratives nécessaires. Ces travaux sont estimés pour
un montant entre 80 et 100M€.

L’ensemble des partenaires concernés, en particulier l’État,
auront à considérer l’intérêt général de ce chantier pour accompagner
la Région sur toutes les procédures qui devront
être engagées.

Lors de la Commission Permanente du 10 avril dernier, les conseillers
régionaux ont approuvé une motion spécifique relative à la sécurisation
de la RN5, route de Cilaos afin de :
- solliciter, de l’État, une aide financière exceptionnelle, d’une
part pour les travaux réalisés en urgence pour rétablir l’accès au cirque
à très court terme et d’autre part pour sécuriser la RN5 à long terme,
- solliciter l’État pour reconstituer le stock local de Ponts de
Secours
, les derniers disponibles à La Réunion devant être utilisés
pour rétablir en urgence la RN5 ;
- approuver la création d’un comité de pilotage composé de
l’État, de la Région, des Communes de Cilaos et de Saint-Louis et
du Parc National, qui devra en particulier oeuvrer à faciliter et à
accélérer la réalisation du projet.

UN SOUTIEN EXCEPTIONNEL POUR L’ÉCONOMIE
DE CILAOS : 2M€ D’AIDES MOBILISÉES

En parallèle des travaux réalisés sur la RN5, la collectivité a dégagé
une aide exceptionnelle de 2 millions d’euros pour les acteurs
économiques locaux. Pilote de développement économique, la
Région apporte son soutien financier afin de permettre aux entreprises
cilaossiennes de maintenir leurs activités grâce à cette
intervention exceptionnelle.

OBJECTIFS PRINCIPAUX :

- permettre aux entreprises de Cilaos, et plus particulièrement
celles oeuvrant dans le tourisme, de faire face à leurs charges
d’exploitation (salaires, fournitures, travaux d’entretien, charges
diverses…..) dans l’attente d’une reprise correcte de leur activité ;
- favoriser la communication et la promotion du territoire en apportant
un soutien aux organisations professionnelles présentes
dans le cirque, afin de relancer l’attractivité du cirque auprès de la
clientèle touristique et locale.

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Les aides et services associés au thème de l’article :
Transport
Grand chantier
Grand public