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Conseil des Ministres de la Commission de l’Océan Indien

25 février 2022

Conseiller régional délégué au co-développement régional, Wilfrid Bertile a participé à Paris au 36e Conseil des Ministres de la Commission de l’Océan Indien, marqué par la passation de présidence entre la France et Madagascar.

Fort de son expérience et de sa parfaite connaissance des enjeux de la coopération régionale dans la zone océan Indien, Wilfrid Bertile a notamment rappelé l’engagement constant de La Réunion pour le développement de la COI qui, à l’aube de son 40e anniversaire, s’affirme comme une véritable organisation d’intégration régionale.

Ce Conseil des Ministres marquait la clôture de la présidence française, dont le Conseil Extraordinaire des Ministres de la COI, organisé à La Réunion en novembre 2021, a constitué l’un des principaux temps forts. Jean-Baptiste Lemoyne, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a salué l’implication de la Région Réunion au service de la réalisation des objectifs de la COI. Cela confirme, tant sur le fond que sur la forme, la contribution précieuse de la collectivité régionale à la bonne marche de la COI.

La Région Réunion porte l’ambition d’une ouverture internationale et d’une meilleure insertion de notre île dans son environnement. Tout l’enjeu d’une coopération renforcée est de favoriser le développement de notre territoire et un co-développement mutuellement avantageux avec les pays de la zone.

Discours de Wilfrid Bertile, conseiller régional en charge du co-développement régional, prononcé lors du 36e Conseil des Ministres de la Commission de l’Océan Indien.

« Permettez-moi, pour commencer, d’excuser la Présidente du Conseil Régional de La Réunion, Mme Huguette BELLO qui, retenue par d’autres obligations, n’a pu être présente parmi nous aujourd’hui. Elle le regrette vivement, et m’a demandé de la représenter à l’occasion de ce 36ème Conseil des Ministres de la COI, institution que je connais bien puisque j’en ai assuré la fonction de Secrétaire Général entre 2001 et 2004.

La COI a beaucoup changé au cours de ces 20 dernières années et a connu de profondes mutations :

  • en s’installant dans des locaux plus grands et plus fonctionnels ;
  • en diversifiant ses sources de financement ;
  • en élargissant son portefeuille de projets ;
  • en accroissant ses ressources humaines et financières.

Après la mue intervenue tout au long de ces années, vient aujourd’hui le temps de la métamorphose : la COI est ainsi en passe de devenir une véritable organisation d’intégration régionale. Formons le vœu, à cet égard, que le statut d’observateur auprès de l’Union Africaine, qu’elle sollicite, constituera un premier pas vers sa reconnaissance par cette institution comme organisation d’intégration régionale, ce qui accroîtrait sa visibilité sur la scène internationale.

Cette notoriété est pourtant déjà une réalité, comme en atteste le nombre d’observateurs et de partenaires qui accompagnent la COI dans la mise en œuvre de ses actions. Il nous est agréable de les saluer, ici, et de leur exprimer notre reconnaissance pour le soutien apporté : je pense en particulier à l’Union européenne, qui est présente aux côtés de la COI depuis ses débuts héroïques, je pense également à l’Agence Française de Développement ou encore à d’ autres bailleurs de fonds, qu’il serait trop long de citer ici, mais à qui nous exprimons notre profonde gratitude.

Cette visibilité gagnerait à s’exercer dans un cadre encore plus large. L’accord de partenariat qui doit être formalisé aujourd’hui avec l’Association des Etats Riverains de l’océan indien (IORA) s’inscrit dans cette dynamique . La COI et l’IORA devront sans doute veiller à inscrire davantage, à l’avenir, leurs actions dans l’aire Indopacifique, qui a fait l’objet d’un Forum ministériel auquel plusieurs d’entre nous ont participé hier à l’initiative de la Présidence française du Conseil de l’Union Européenne.

Fidèle à sa vocation, la COI agit avant tout pour rapprocher les peuples de l’Indianocéanie ; pour développer l’économie de ses pays membres ; pour sauvegarder l’environnement et lutter contre les effets du réchauffement climatique. Elle fait jouer la solidarité, en particulier avec le peuple malgache cruellement frappé à plusieurs reprises par les catastrophes naturelles. Ce devoir de solidarité implique une action intensifiée contre les inégalités et la misère encore trop présentes dans notre zone géographique.

La Région Réunion se veut partie prenante de cette métamorphose de notre organisation. Depuis en effet son adhésion en 1986 au titre de La Réunion, la France est représentée à la COI par l’État mais également par le Département et la Région Réunion qui travaillent tous 3 en bonne intelligence. Nous savons gré, à cet égard, au règlement intérieur révisé, de confirmer la place de La Réunion au sein d’une organisation qui regroupe les peuples frères de l’Indiaocéanie.
Mais au-delà du cadre multilatéral que constitue la COI, la Région œuvre, au plan bilatéral, avec chacun de ses pays membres en mobilisant, à cet effet, les crédits européens du Programme Interreg, dont elle assure la gestion. Bien plus qu’une simple coopération, la Région ambitionne de s’engager dans un véritable codéveloppement régional, c’est-à-dire un développement mutuellement profitable de nos pays.

Ce co-développement nécessite en particulier une meilleure connectivité. Nous oeuvrons à la création d’une compagnie maritime régionale déjà préconisée à l’occasion de la négociation de l’APE intérimaire, en 2007, entre la Commission Européenne et la région Afrique orientale et australe (AfOA), dont nous sommes parties prenantes.

Les travaux du présent Conseil mettent, à juste titre, l’accent sur l’économie bleue, un domaine où nos amis seychellois se veulent précurseurs. La ZEE de la COI étant vaste comme plus de deux fois la mer Méditerranée, l’économie bleue nous interpelle tous et au-delà de la sécurité maritime, il importe de limiter la surpêche par les flottes industrielles extérieures et de développer les pêcheries locales dont vivent nos populations.

En outre, le récent Sommet des océans qui s’est tenu à Brest a notamment mis l’accent sur la nécessaire connaissance des fonds marins et nul doute que la COI saura engager des projets en ce domaine.
Monsieur le Président, Messieurs les Ministres, distingués invités, nous voulons tous faire progresser la COI, mais notre organisation est encore loin de disposer de moyens à la hauteur de ses ambitions. Ces moyens accrus supposent un engagement plus fort de ses États membres, ce qui implique, en ces temps de crise, une forte volonté politique.

Pour ce qui la concerne, la Région Réunion ne ménagera pas son appui à la COI et se veut proactive dans le déroulement de ses travaux auxquels je souhaite plein succès... »

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